Stéphanie et Richard

« On n’en serait pas là si on n’était pas passé par
l’Aveyron. »

  • Venus du Nord en 2016
  • Stéphanie, rédactrice technique et Richard, électro-technicien chez Pattyn Bakery Division

L’interview !

Comment êtes-vous arrivés en Aveyron ?

Stéphanie : On s'est rencontré dans le Nord de la France. On n'était pas si jeune à l'époque mais on était bourré de projets, de voyages… C'était l'occasion pour nous de faire un tas de métiers : entre autres dans l'évènementiel, dans le tourisme… et de voyager à travers la France. On a pris l'habitude de travailler ensemble.
Au bout d'un moment, on a arrêté de travailler dans l'évènementiel car ça nous prenait énormément de temps ; c'était une vie à part entière, entre les semaines, les week-ends, c'était très chargé. On a alors décidé de "faire un tour de France" pour trouver un boulot entre guillemets "plus technique" où l'on aurait des horaires à respecter et l'endroit qui nous serait le plus approprié. On a dû faire 2 fois le "tour de France" ! En passant par la Bretagne, les Alpes Maritimes… et on est passé 2 fois par l'Aveyron. La 1ère fois, je me suis dit :  "c'est magnifique cette région avec les maisons en pierre, les paysages très verdoyants". Je trouve que c'est une région assez chouette pour s'installer et Richard m'a dit : "faut voir si c'est aussi joli quand il pleut". Et lorsqu'on est revenu la 2ème fois, il pleuvait et c'était toujours aussi joli !
Nous avions déposé un CV à Figeac et fait part de nos exigences car nous voulions un travail où l'on puisse être ensemble. On était limité aussi par notre seul véhicule. Et une petite fée bleue d'une boîte d'intérim, qui s'appelait Marie, nous a appelés et nous a dit : "Voilà, j'ai trouvé un boulot pour vous et pour monsieur, dans la même entreprise, avec les mêmes horaires". Au bout d'une semaine ! Nous sommes donc revenus ici.

Richard : Nous aurions dû être embauchés en contrat intérim et après avoir passé les entretiens, ils nous ont rappelé le jour même pour nous proposer deux CDI. (ndlr : chez Pattyn).

Stéphanie : Au départ, on a des formations avec un CV très large, aussi bien Richard que moi. J'ai commencé comme graphiste suite à une formation diplômante en école d'arts et après avoir travaillé quelques années, je voulais faire un métier plus manuel. Je me suis alors réorientée en chaudronnerie. Nos diplômes nous permettent ainsi de pouvoir changer de métier. Pour Richard, c'est pareil, il a une casquette sociale grâce à son diplôme de BPJEPS.

Richard : J'ai effectivement cette formation en loisirs et un BTS en maintenance.

Stéphanie : On a été plutôt bien vu parce qu'on avait pas mal d'expérience. L'un comme l'autre, "on a pas mal roulé notre bosse". Ce qui correspondait bien à la demande de Pattyn.

Richard : On s'est installé ici car on a beaucoup aimé le causse, du Lot, de l'Aveyron. On est vraiment à la frontière des 2 départements, c'est sympa.

Une raison de s’installer en Aveyron ?

Richard : L'environnement !

Stéphanie : Oui l'environnement ! Clairement.

Richard : On a accès à tout. La nature, les sports... On est en vacances quand on sort du travail. L'été, on va se baigner, on a des activités diverses et variées : de la rando, du kayak...

Stéphanie : On a une pleine nature mais en même temps, on n'est pas isolé comme dans certaines régions où on est loin de tout. Là, il y a énormément d'activités. Villefranche-de-Rouergue reste quand même une petite ville à l'échelle nationale et une grosse ville aveyronnaise avec des commerces, des hôpitaux...

Richard : Et un gros patrimoine historique. On trouve ici vraiment toutes les choses qu'on apprécie.

Vous habitez-où ?

Stéphanie : On habite à La Rouquette, sur la commune où on travaille.

Une hésitation à vous installer en Aveyron ?

Richard : On est du genre à bouger facilement. En général, on n'hésite pas. C'est après que l'on se demande si on a fait le bon choix. Mais on n'a pas hésité du tout.
Quand on est arrivé, on s'est dit : "c'est joli". En plus, nous avons mis moins d'une semaine pour trouver du travail ! Ce qui est quand même plutôt sympa ! On continuait à chercher dans d'autres régions. Si bien qu'on aurait pu refuser l'offre qu'on nous a faite quand on nous a appelés. Mais on s'est dit : "C'est parti, on y va !" et on ne s'est pas posé de questions. On a vécu un an à Villefranche. On a acheté une maison, on a fait un bébé, on s'est marié, enfin tout... depuis qu'on est là.

Stéphanie : Nous sommes allés une semaine dans le Nord, il n'y a pas très longtemps, et on était super content de revenir dans l'Aveyron. On se sent vraiment chez nous ici.

Néo-aveyronnais des villes ou néo-aveyronnais des champs ?

Stéphanie : Les deux ! On habite dans un tout petit village, dans le bourg. On a une vue superbe sur la tour du château.

Richard : Je pense qu'on est plutôt campagne. C'est ce qui nous attire le plus ici.

Stéphanie : Nous sommes originaires du Nord où il y a une grosse densité de population et énormément d'activités. Les gens nous disaient : "On vous laisse passer un hiver ici pour voir comment vous vous en sortez, voir si vous ne vous ennuyez pas parce qu'il ne doit pas y avoir beaucoup d'activités l'hiver". On s'est rendu compte que pas du tout ! On a rencontré énormément de monde grâce au milieu associatif, le sport, la musique. On s'est rendu compte qu'il y avait, au niveau culturel, beaucoup d'activités. On participe souvent à des concerts, même l'hiver. Il y a quand même beaucoup de choses qui se passent en Aveyron malgré ce que l'on dit.

Qu’est-ce que vous faites en Aveyron que vous ne faisiez pas avant ?

Stéphanie : Tellement de choses ! De la randonnée énormément. J'ai attendu d'être vraiment dans l'Aveyron pour m'y consacrer autant.

Qu’est ce que vous ne faites plus en Aveyron que vous faisiez avant ?

Stéphanie : Déprimer (rires), déprimer sur le mauvais temps (rires)

Richard : je ne sais pas, je n'ai rien qui me vient.

Votre journée type ?

Stéphanie : Ce n'est pas "métro, boulot, dodo" mais... Là encore, ça a changé récemment : nous venons d'avoir un petit bébé. Mais c'est vrai qu'on a beaucoup plus d'activités que l'on en avait dans le Nord, même en dehors du travail, avec nos collègues...

Richard : On a la spécificité aussi d'être très investis dans le milieu associatif. On était tous les deux entraîneurs de handball pour Villefranche. Steph joue avec un orchestre de Villefranche aussi. Et j'ai un groupe de musique. On a des activités qu'on pourrait avoir peut-être difficilement dans un milieu plus campagnard. On est très occupé avec tout ça. Notre journée type finalement : c'est le boulot, nos activités, et les petits moments de gestion de la maison. On se chauffe au bois ; par conséquent, je vais fendre mon bois tous les soirs par exemple. Le reste du temps, nous sommes tranquilles.

Stéphanie : C'est vrai qu'on est des gens très calmes à la base, on aime les choses très simples et calmes.

Une expérience à vivre en Aveyron ?

Stéphanie : Il y a beaucoup de choses : en loisirs, au niveau culturel. Après je ne sais pas, si tu as des choses à ajouter ? Il y a tellement de fêtes de village que nous n'avions pas avant. 

Richard : La meilleure chose dont on a profité d'entrée de jeu, c'est l'auberge de Marian à Sanvensa. Dès notre arrivée, on a eu droit à des concerts, en plein milieu de la campagne, avec des groupes hallucinants. On s'est retrouvé avec Donald Ray Johnson, venu jouer du blues, dans une auberge, au milieu de Sanvensa ! On se dit alors : "Mais qu'est-ce qu'il se passe ?". C'était quand même une sacrée surprise !
Puis, les gorges du Tarn, du côté de Millau où nous sommes allés faire du kayak. Le lac de Pareloup aussi. On s'est fait une journée "pleines eaux" ! On s'est bien éclaté de ce côté de l'Aveyron. Ca permet sur une journée de se sentir en vacances et de décompresser.

Votre paysage préféré en Aveyron ?

Stéphanie : Il y en a beaucoup, c'est ce qui rend la région attractive. J'adore les cascades : à Salles-la-Source, etc... J'adore me promener à Najac aussi. Tous ces plus beaux villages de France ! Il me semble que c'est la région où il y en a le plus.

Un week-end en Aveyron ?

Stéphanie : Le lac de Pareloup. Parce qu'en plus, j'ai le permis bateau. On l'a passé avec des copains et c'était un super week-end. On a descendu les gorges du Tarn.

Richard : Les fêtes de village. On aime bien en général, avec les concerts, les gens, le banquet.

Stéphanie : Tout le monde se connaît. On finit forcément par retrouver des gens. On se sent chez soi.

Votre événement préféré en Aveyron ?

Stéphanie : Il y en a beaucoup !

Richard : Il y en a beaucoup ?

Stéphanie : Celui qu'on fait régulièrement, c'est le marché des producteurs de Villefranche. 

Richard : Pour l'instant des évènements, on n'en a pas fait cinquante.

Stéphanie : On est aussi parti dans le Lot pour faire beaucoup de concerts...

Richard : On s'est bien éclaté sur le Sandball de Pareloup organisé par le Lévézou. 
Beaucoup d'évènements nous donnent envie de tester. On aimerait bien par exemple aller à Lax'n Blues, parce qu'on a justement, au travail, un jeune, impliqué dans cette association. Je suis musicien, je n'y suis jamais allé, je me dis que c'est une occasion et que ce doit être sympa.

Stéphanie : Pour l'instant, on n'a pas encore beaucoup profité des évènements, des gros évènements.

Une photo de l’Aveyron ?

Richard : On en a envoyé plein !

Stéphanie : Tout simplement chez nous, on adore !

Richard : Notre maison parce qu'en général, c'est celle qu'on envoie le plus. C'est une vieille maison, typiquement du coin, tout en pierre, avec la petite source au pied, la tour du château à côté, au milieu de la vallée. C'est plutôt sympa. On voit un peu tout : la nature, la pierre, le patrimoine, et on peut même voir une guitare à travers la fenêtre !

Si vous étiez l’Aveyron, que diriez-vous à un potentiel néo-aveyronnais ?

Richard : Attention au cholestérol ! (rires)

Stéphanie : Franchement, bon appétit !

Richard : Parce-que l'Aveyron et la couvade, ça fait mal !

Stéphanie : On a découvert la tête de veau et les tripoux au p'tit déjeuner et on n'est pas mécontent, on aime bien ça !

Richard : C'est ça qui est plutôt pas mal : on peut bien manger et prendre l'air.
Qu'est-ce qu'on dit aux amis qu'on essaye de faire venir ?

Stéphanie : En tous cas, quand ils repartent, ils disent : "On a encore pris des kilos qu'on n'arrive pas à perdre".
Sinon on leur parle de généralités, de la qualité de vie qui est différente.

Richard : On arrive à profiter du bon temps en ayant un travail.

Stéphanie : Les choses sont quand même plus accessibles. Lorsque nous étions dans le Nord, c'était difficile de trouver du travail. Ici, on a trouvé facilement avec nos profils. On a pu s'acheter une maison, ce à quoi on ne prétendait pas du tout dans le Nord. On a une qualité de vie justement qu'on n'aurait pas eue, pas ce confort en tous cas.

Richard : On n'aurait peut-être pas fondé une petite famille, on n'aurait pas fait un bébé.

Stéphanie : On n'en serait pas là, si on n'était pas passé par l'Aveyron.

Pour parler des freins, la seule chose qui nous freine ici, c'est la médecine. "Les médecins, vite venez !"
Je sais que c'est partout en France. Mais lorsqu'on est arrivé à Villefranche, on a eu beaucoup de difficultés à trouver un dentiste. Il me semble que l'année où on est arrivé, 8 partaient en retraite.

Richard : Mais même encore maintenant. En ophtalmologie, on va à Figeac. Idem pour le dentiste.

Stéphanie : C'est dommage, c'est une belle région. C'est difficile à croire que les gens n'ont pas envie de venir.

Richard : Cela dit, des choses sont faites. Par exemple, on a eu notre salut à Villeneuve qui a un gros cabinet avec plusieurs médecins. On a eu la chance d'être pris dès notre arrivée. Il y a toujours quelqu'un. C'est un bon principe.
Venir bosser ici, c'est avoir un peu de temps pour soi, c'est plutôt pas mal ! 

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